LA NAPPE ET LE TERRITOIRE

Cartographie d'une rencontre culinaire

D'Anne-Cécile PAREDES et du Collectif OLA

Création en 2020

      Durée : Plusieurs mois

Une création d'Anne-Cécile PAREDES et du Collectif OLA

Direction artistique : Anne Cécile PAREDES

Plasticienne / broderie : Sophie FOUGY

Plasticienne / cuisine : Gwenaelle LARVOL

Administration/Production déléguée : Sylvie LALAUDE et Philippe RUFFINI

Dans le cadre de l’accueil en résidence, d’Asile, Pronomade(s) en Haute-Garonne a proposé à la compagnie de réaliser un projet avec une classe de l’école primaire de Saint-Martory et le CADA (Centre d'Accueil de Demandeur d'Asile) du village.

 

C’est l’histoire de Saint-Martory, un village de 900 habitants dans le Comminges qui par décret préfectoral accueille un CADA, un Centre d’Accueil de Demandeur d’Asile. Tout cela commence il y a 5 ans. 50 nouveaux habitants. 50 sur 900. Pour se donner une échelle de comparaison, c’est comme si 50 000 nouveaux habitants arrivaient dans une grande métropole comme Bordeaux en même temps. Une tornade ? Un événement ? Qu’est-ce que cela change finalement ? Au début, les voyageurs arrivent seuls, ils s’adaptent, ils s’ennuient, ils n’ont pas le droit de travailler. Ils ont des enfants, commencent à les mettre à l’école, vont au bar, prennent le bus, marchent dans les chemins... doucement, ils habitent à Saint-Martory. Comment se redessine le visage de ce territoire ? Comment se rencontrent-ils ? Pour quelles-raisons le feraient-ils ? Quelles espaces en commun pourraient-il exister ? Et même comment participer à inventer une culture commune ?

 

La Nappe et le Territoire est un projet de création pour un territoire élaboré à partir d'une œuvre de Sophie Fougy, plasticienne. L’histoire commence par la rencontre entre une classe de CM1, CM2 de l’école primaire de Saint-Martory, des personnes accompagnées par le CADA et des cuisiniers du village. A partir de cette rencontre nous inventerons des recettes communes, hybrides, métisses, des recettes qui s’inspirent des goûts de « là-bas » et qui se fabriquent avec les ingrédients « d’ici » ou inversement... Des recettes qui resteront à la carte des restaurateurs du village. Une glace au piment ? Des frites de patate douce ? une boisson d’ibicus à la menthe de Saint-Martory… ?

Par petit groupe, des recettes vont s’imaginer, s’expérimenter puis se déguster lors de 4 repas dressés sur une nappe toute particulière. Cette nappe, singulière, voyage de repas collectif en repas collectif et au fur et à mesure se tache. Chaque tâche est gardée et à chaque nouvelle tablée une cartographie se dessine, miroir et trace de ce qui s’est partagé. Dans le même mouvement, un groupe d’enfant brode les taches de la nappe à chaque étape. Les premiers mangent, tâchent, usent, les seconds brodent le souvenir tout juste dégusté. Puis on échange les rôles. Petit à petit une nappe monde prend forme au fur et à mesure que les expériences gustatives et humaines sont vécues.

Nous parlons bien de cartographie de l’usage, nous gardons ce qui se vit.

Coproductions : Opéra Pagaï, O.L.A, Pronomade(s) en Haute-Garonne – centre national des arts de la rue et de l’espace public