E.N.S.H.O.T.

École Nationale de Stewards et Hôtesses de Terre

 

Normalement chaque « ENTREPRISE DE DETOURNEMENT » est unique et nous n’envisageons mais de les reproduire. Mais « L’Ecole Nationale de Stewards et HOtesses de Terre », qui fut notre premier chantier en 2004, a ceci de particulier qu’il se déroule dans les bus, moyen de transport dont sont dotés beaucoup de villes, et que son approche, son discours sur la ville est réadaptable. Jusqu’en 2010, l’ENSHOT n’était pour nous qu’une expérience de plus qui avait enrichi notre parcours, mais sur la demande d’« Itinéraires Bis » à Saint Brieuc, nous avons accepté de reprendre le « concept », de l’affiner et de l’appliquer à la ligne B de l’agglomération briochaine. Une nouvelle réalisation a vu le jour au Havre en janvier 2012 en partenariat avec Le Volcan, scène nationale.

  

LE SCENARIO

Une semaine avant l’intervention, la presse annonce l’arrivée de la première promotion de  l’ENSHOT en stage pratique dans les transports en commun de la ville. Pendant une semaine, une ou plusieurs lignes du réseau vont bénéficier d’un service à bord de type avion.

 

Extrait : « …. L’Ecole Nationale des Stewards et HOtesses de Terre tout récemment créée à Bordeaux entend révolutionner le monde du transport en commun. Au programme, des cours de psychologie, une formation à la courtoisie, au service à la personne, des cours de langues étrangères et des notions de secourisme, mais aussi des bases en patrimoine humain et histoire de l’art de vivre pour la dimension culturelle… Chaque fin de formation est sanctionnée par un stage pratique d’une semaine…. ».

 

Pendant  une semaine, les usagers, dès leur montée dans le bus sont pris en charge par un steward et une hôtesse de terre, annonces régulières de sécurité, du plan de "vol", durée du trajet, température extérieure, présentation de l'équipage, du chauffeur, service de boissons chaudes ou froides, d’oreillers, de revues, des journaux.... Les usagers sont prêts pour voyager dans leur ville. Alors, au fil du trajet emprunté par le bus, les stewards et hôtesses se font  guides du patrimoine humain des quartiers, des rues empruntées à la découverte des célèbres inconnus de la ville. Ils connaissent aussi bien la vie de la boulangère que celle du couple du troisième, le quotidien du chef de gare comme celui du pilier de comptoir ; dans leur bouche le papi qu’on aperçoit dans son jardin ou l’ouvrier qui nous salue en passant deviennent les héros de l’histoire de cette rue… Mais nos guides-stewards connaissent aussi l’histoire des lieux, ils s’intéressent à la toponymie, ils racontent l’évolution urbaine, les petites histoires individuelles révèlent la grande, ils tissent des fils d’humanité qui se font écho tout au long du parcours, et  le récit de ces  vies ordinaires deviennent des mini épopées sur fond de travelling permanent dans la ville

 

Les usagers-voyageurs, le temps d’un trajet, pour dix minutes ou une demi-heure, se retrouvent plongés dans cet univers surprenant. Du fait qu’ils soient tous  traités avec déférence  (de la mamie qui va acheter son pain à l’ado qui va au lycée, de la quinqua bourgeoise au pilier de comptoir, tout le monde est le VIP de cette ligne de bus), la présence et l’attitude des stewards « nivelle » les classes sociales, les tranches d’âge, impose une ambiance apaisée et propice à l’écoute.  Alors, ils se laissent embarquer dans l’histoire de leurs quartiers, s’entendent raconter leur propre ville, déceler les pépites dans la vie de leurs  voisins, c’est du patrimoine humain, du tourisme de proximité. Ils sont tous touchés, car quelque part, c’est  leur propre vie qui est mis en exergue.  Ils réagissent aux propos entendus, des petits débats voient le jour, des prises de paroles, leurs réactions sont relevées, prise en compte par les stewards et hôtesses, elles viennent enrichir les récits pour les jours suivants. Ainsi, chaque passager de la ligne contribue à « l’écriture » et participe de l’évolution de la proposition sur la semaine, ce qui en retour l’implique encore plus… La surprise est toujours là, l’intérêt est souvent flagrant, l’émotion peut surgir à chaque pâté de maison… Quelquefois, les usagers oublient de descendre à leur arrêt (volontairement ou involontairement) et repartent pour une tournée entière…

 

Le rôle de la presse est important. Complice, elle annonce la semaine avant la présence des hôtesses et stewards, ce qui permet de ne pas perdre de temps en explication, d’installer l’idée et la curiosité dans la tête des habitants (« c’est dans le journal, c’est normal »). Mais tout au long de la semaine, elle se fait l’écho de ce qui se passe à bord des bus, fait enfler la rumeur, raconte… Ensuite, le lundi après le départ de l’ENSHOT, c’est par la presse qu’est révélée le pourquoi du comment, l’imposture et les intentions de la compagnie dans cette proposition. Bien sûr, comme vous l’avez compris, l’imposture n’est pas une fin en soi mais bien le moyen d’embarquer les habitants dans l’histoire…

 

 

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