LES CHIOULAS

L'ECRITURE

C'est la tradition du festival « Les Spectacles de grands Chemins » à Ax-les-Thermes, chaque année, une randonnée pour 120 spectateurs est confiée à une compagnie différente. En 2009, c'était le tour d'OPERA PAGAÏ.

Tout d'abord, nous suivons les guides de montagne professionnels et des membres de l'Office National des Forêts, complices de cette aventure, qui nous font découvrir un parcours magnifique autour du col du Chioula, dans la forêt d'Aillou. Puis le soir, nous les pressons de questions sur « leur montagne ». Ils sont intarissables et nous racontent les Cathares fuyant vers l'Espagne en se cachant dans les montagnes, tout le travail de protection des animaux et notamment du suivi de la réintroduction des ours, sujet sensible dans la région, et par extension l'histoire des relations entre les hommes et les animaux dans cette région.

 

L'HISTOIRE

En deux jours, nous écrivons cette vraie fausse randonnée à la découverte du Chioula, ces hominidés descendant des cathares qui au XIVème siècle, forcés de rester cachés dans la montagne,  se sont adaptés au milieu, ont évolué et vivent maintenant en harmonie avec leur biotope. Ils sont toujours bipèdes mais ont perdu l'usage de la voix, des siècles de discrétion ont transformé leur langage en sifflement, ils sont devenus des hommes sauvages. Ils s'enduisent le corps de boue pour se protéger des piqûres d'insectes et du froid, ils ruminent de la gentiane... Beaucoup doutent de leur existence car ils sont très farouches et rares sont ceux qui les ont déjà vu. On a toujours cru à une légende les concernant, on a toujours raillé les travaux de ce scientifique, Etienne Petit , qui, au XIXème siècle, disait les avoir observé et approché. Episode qu'il raconte dans un livre devenu introuvable : « Chioula, frère, cousin ou ennemi? ».

 

UNE ESPECE PROTEGEE

Mais l'arrivée du tourisme, la démocratisation des sports de montagne  a relégué LES CHIOULAS dans des territoires de plus en plus réduits et les a rendu de plus en plus agressifs. Leur mode de vie en a été bouleversé. Par exemple, il sont très friands des restes des barres chocolatées que laissent les randonneurs et par conséquent leur régime alimentaire est perturbé. Ils ont tendance à attaquer les Vttistes car ils doivent prendre leur monture pour des izards. En ce sens, depuis quelques années, ils ont été décrétés espèce protégée et bénéficient d'une attention particulière. On les étudie, on tente de les approcher. On pose des pièges pour les attraper sans les blesser et on les anesthésie d'un coup de carabine pour les peser, leur faire des analyse et surtout les baguer pour pouvoir les localiser dans la montagne, suivre leur migrations. On a même réintroduit certains mâles Slovènes, plus trapus pour éviter que la population ne diminue trop....

 

C'est donc accompagné d'un guide de montagne spécialiste des Chioulas, que dès l'aube, les spectateurs vont pouvoir se mettre à l'affût, suivre les crottes pour retrouver leur traces, observer des femelles et leurs petits autour d'un point d'eau, observer un mâle prisonnier d'un piège, anesthésié, puis bagué, des femelles en pleine parade nuptiale,  et enfin, avec un peu de chance, en voir de prêt et se sentir admis au sein de leur communauté, l'espace d'un moment, vivre avec eux dans leur village de feuilles...

 

Si les animaux qu'on protège ou qu'on chasse, qu'on défend ou qu'on craint était des humains ou des hominidés, quelle serait notre réaction, notre action ? Si l'homme était nuisible pour l'homme, ou si l'homme était son premier protecteur ..? Que cela changerait-il?....

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