LES JARDINS AUTOMOBILES

L'HISTOIRE

 

L'association (fictive) LES JARDINS AUTOMOBILES rassemble des citoyens, amateurs bénévoles, des doux rêveurs, qui se passionnent par les questions "d'avenir durable". Si l'avenir doit durer, autant qu'il se passe bien. Alors, pour conjuguer  croissance démographique et amélioration de la qualité de vie, l’association LES JARDINS AUTOMOBILES ouvre des pistes de réflexions en terme d'aménagement urbain et d'habitat alternatif. Pour résoudre le problème du manque de place dans les villes, ce regroupement d’habitants propose des solutions originales mais accessibles à tous pour investir harmonieusement les espaces vacants.

Ils ont ainsi constaté que dans le centre-ville du Havre, comme partout ailleurs, nombre de citadins ne possèdent ni balcon, ni terrasse, ni jardin. Ils ne jouissent pas d'un petit pré carré ouvert sur le ciel et n'ont pas, malgré leur envie, la possibilité de profiter du beau temps, d'inviter des amis à un barbecue, de faire un potager, d'installer une balançoire pour leurs enfants, ou de prendre l'air en toute simplicité. C'est d'ailleurs le cas de la majorité des membres de l'association. Dans le même temps, ils ont aussi constaté la place considérable qu'occupe l'automobile dans la ville. En effet, les voitures personnelles ne servent guère plus d'une heure ou deux par jour et passent le reste du temps stationnées dans les rues ou sur les parkings,  de surcroît sur des emplacements payants la plupart du temps.

D'un côté, des familles qui manquent d'espaces extérieurs, de l'autre leurs propres véhicules qui en occupent au pied même de leurs immeubles... Il n'y avait qu'un pas à franchir pour imaginer des terrasses et des jardins privatifs sur le toit même des automobiles de les réaliser et d'en profiter ...

Le blog des Jardins Automobiles : http://lesjardinsautomobiles.blogspot.fr/


UNE SCENOGRAPHIE MOBILE

 

Alors, pendant une semaine, quand le temps s'y prête, une vingtaine de (faux) habitants occupent leurs nouvelles terrasses et jardinets construits sur des plateaux de quelques mètres carrés montés sur les galeries de leurs voitures. Celui-ci s'est cultivé un coin de pelouse, installé un revêtement de sable fin ou de terrasse en bois, celui-là entretien son potager, un bassin japonais, étend son linge, se repose dans une chaise longue ou fait la sieste dans son hamac. Un autre joue dans l'herbe avec ses enfants ou lit à l'ombre du parasol, prépare le barbecue, bronze ou fait de l'exercice physique; En tout cas chacun rivalise d'ingéniosité pour occuper au mieux sa petite terrasse; échelle amovible, meubles transformables, rangements astucieux.... Ils peuvent choisir leurs emplacements (tout en réglant consciencieusement leur horodateur) et décident de s'installer près du marché central Les Halles dans la semaine ou bien à la plage le week-end...

 

L'image de ces dizaines de jardins automobiles dans la ville étonne, attire les passants qui viennent questionner les occupants. Ceux-ci sont ouverts et entraînent les curieux dans leurs réflexions absurdes et pourtant d'une logique implacable. Alors l'identification peut se faire et s'imaginer très vite à leur place. Ces personnes ont osé s'affranchir du regard des autres pour aller au bout de leur envie. La liberté qu'ils s'octroient tout en restant dans la légalité la plus totale vient interroger chacun dans ce qu'il fabrique de son intimité, dans son rapport à la ville, à l'espace public, à lui-même... Ainsi, le décalage est à l'oeuvre, les repères sont bouleversés et laissent la place au rêve éveillé, à tous les possibles...


De plus, sur une camionnette plateau, les membres de l'association ont disposé une petite exposition de montages photos de leurs autres projets d'investissements des espaces libres de la ville. Ils peuvent présenter aux plus intéressés des passants leurs idées pour investir les toits des immeubles du quartiers Perret comme espaces publics, terrains de sport, jardin publics ou forêts pour la promenade, pour récupérer les silos vides du port à des fins d'habitation pour étudiants, ou encore les bassins de la ville comme jardins ouvriers flottants par exemple. C'est toute la ville qui est transformée par l'utopie, c'est le cadre de vie de tous qui fait l'objet d'une relecture ludique, décalée sur le fil de la pertinence, incongrue mais pas si bête.


L'INTENTION

 

Cette intervention est un moyen de tendre un miroir déformant à la ville. Elle se pose à la fois en harmonie esthétique et en contrepoint de l'architecture urbaine. En habitant l'espace public, c'est le contexte qui est révélé, qui est « mis en scène ». Les occupants des « Jardins Automobiles » nous renvoient à notre quotidien d’habitants du Havre. Ils nous interrogent sur notre condition de citadins du 3ème  millénaire. En réalisant ce pas de côté, ils questionnent la ville, l’urbanisme  et sa capacité à combiner les idéaux individuels au sein d’un idéal collectif. Que fabriquons nous ensemble de nos espaces publics ? Quels espaces individuels de liberté pouvons-nous nous approprier ?

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