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LE PROJET


Les marais du Nord du Médoc seraient habités par des créatures étranges nommées “Grenomes”. Ces primates amphibiens, endémiques des marais de la Pointe du Médoc, seraient les descendants des premiers ingénieurs hollandais venus assécher les marais du Médoc au début du 17ème siècle. Lors d'une nuit de colère, la population blanquefortaise aurait chassé les ingénieurs et leurs familles, qui se seraient jetés dans la Garonne et auraient trouvé refuge dans les vasières du bec d’Ambès. Ils y auraient survécu ; au fil des générations, se seraient parfaitement adaptés à ce nouveau biotope, et seraient redevenus sauvages. 

Le Grenome, ou Grénoume en gascon, est décrit comme un primate quadrupède d’un mètre de long avec des comportements de batraciens. Ce mammifère omnivore, vivant primitivement dans les îles et les vasières de l’Estuaire, aurait migré au 20ème siècle dans les zones humides accueillantes du Nord Médoc. Selon les dernières hypothèses, il subsisterait quelques dizaines de spécimens répartis entre les canaux et marais des communes de la Pointe. À part de lointains témoignages, le fait est que personne n’a réellement pu les observer à ce jour. Ce qui ne constitue pas une preuve de leur non-existence…


Le Grenome de l’Estuaire constitue une fable écologique qui se raconte dans l'ici et maintenant du Médoc.

Cette histoire interroge notre rapport au sauvage : les Grenomes sont des bêtes, animaux, créatures étrangères. Repoussants et attachants, pathétiques et merveilleux à la fois, ils sont un autre nous-même mais ils vivent dans un ailleurs. Cet ailleurs, c'est notre paysage quotidien, c'est un ailleurs de proximité. Les Grenomes souffrent quand le fleuve est maltraité, ils revivent quand la nature reprend ses droits.

À travers cette espèce, nous révélons son environnement, son cadre de vie, notre cadre de vie. Nous mettons en scène l'Estuaire et le Nord-Médoc dans ses dimensions géographique, historique, patrimoniale, culturelle et biologique. Raconter la vie sauvage des Grenomes, c'est raconter le contexte du territoire médocain et ses enjeux. Avec ce récit nous amenons un vent d'imaginaire qui ramène au réel, le met en perspective, qui oblige à le regarder, à le décrypter. Au-delà des Grenomes, c’est la richesse des paysages et des écosystèmes des zones humides qui est avant tout mise en avant.

L’histoire du Grenome navigue entre réalité et fiction ; en s’inspirant de faits réels, à savoir les premiers ingénieurs hollandais venus dessécher les marais au début du XVIIème siècle, cette fable interroge notre rapport au sauvage et à l’environnement : le Grenome habite le paysage tout proche, évolue avec lui, et c’est en s’attardant sur son existence que l’on donne à voir les paysages de manière rapprochée, dans les détails. Ce récit met les paysages en perspective, permet de les appréhender, de les décrypter, et aussi de les apprécier… 

Un projet en deux temps :

Temps 1 · Raconter la légende à la population médocaine sur dix communes avec :

  • Une enquête dans l’espace public par le biais fictionnel du G.R.A.V.E. (Groupe de Recherche Amateur sur la Vie dans l'Estuaire)
  • Des stands sur les marchés ; 
  • Des conférences théâtralisées « L’histoire étonnante du Grenome des marais » auprès des enfants des écoles primaires ; 
  • Des sorties nature « Balades artistiques dans les marais », scolaires et tout public ; 
  • Un film documentaire « Sur la Piste du Grenome de l’Estuaire », diffusions suivies de débats...


Temps 2 · Des propositions artistiques pérennes dans le paysage, « La Piste des Grenomes » :

  • Un Centre d’Étude et de Recherche sur le Grenome, un musée-centre de recherche pérenne implanté dans un bâtiment d’une des communes ;
  • Des « affûts », points de vue sur le territoire, postes d’observation et d’écoute, accessibles au public en libre accès...